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Son histoire :
que savons-nous en ce 10 frimaire an CCXII de la république (1/12/2003 ap. J.C.) sur l’origine de la gabelle ? A vrai dire peu de chose si ce n’est que les états de tous temps ont saisi l’opportunité d’utiliser les biens, de consommation courante et surtout indispensables à la vie de tout un chacun, comme support de taxes alimentant leurs budgets. Le sel fait partie de cette catégorie de denrées indispensables à la population depuis toujours. Une première gabelle fut instaurée en Savoie (Piémont-Sardaigne) en 1561, suivie de suppressions et restaurations successives de cette taxe entre 1561 et 1858. Il était établi par commune un recensement des redevables (les chefs de famille) avec les indications nécessaires à une estimation équitable de la taxe selon la composition du foyer du redevable (épouse, enfants, bétails selon leur nature, …) mais aussi la profession quand elle revêtait une importance par rapport à une plus grande utilisation de sel pour certains artisans ou commerçants… La gabelle de 1758 : C’est
la plus complète par le nombre de communes concernées en Maurienne : 59
communes mais il manque celle de Bessans-Bonneval (commune unique à l’époque)
ainsi qu’une demi-douzaine de communes du canton actuel d’Aiguebelle.
Signalons que la gabelle de 1790 n’a été conservée que pour trente communes
de notre vallée. La gabelle de 1858 est tellement riche d’enseignements, que Jean Marc s’est contenté à ne signaler que les traits principaux qu’il a pu découvrir et exploiter d’un point de vue statistique qui permet de mieux cerner les réalités de ce temps. Les noms de famille : Les Martin sont de loin les plus nombreux répartis sur toute la Maurienne, viennent ensuite les Brun, les Sibué plus localement installés… Les prénoms : Les Jean en tête (25%), avec les prénoms composés avec lui, puis les Antoine, Claude, Jacques …Pour les femmes Marie et ses composés (30%), Jeanne (15%) … Commune d’origine : Souvent l’origine du redevable n’est pas indiquée, particulièrement en ce qui concerne les épouses qui ne sont pas de la commune ; ne pas conclure en l’absence d’indication de l’origine de la femme qu’elle est originaire de la commune. (Toujours vérifier à partir des actes de mariage).
Professions : celles de boulanger, cabaretier, aubergiste… sont souvent mentionnées. Les autres le sont rarement sauf à St Jean de Maurienne où tout est listé. L’indication de Maître (Me) n’implique pas forcément qu’il s’agit d’une profession juridique ; il y a aussi des maîtres charpentier, maçon, etc …Souvent le cabaretier et le boulanger (qui vend le pain) sont une et même personne. C’est le fournier qui fabrique le pain. Dans les villages les habitants font le pain dans leur four ou dans le four banal commun aux habitants d’un village. Mention doit être faite des maîtres de poste chargés de remplacer les montures des voyageurs et de les accueillir. C’est une charge vendue par le monarque : Ils sont souvent très riches et influents. Ils sont 7 à St Jean, 2 à Lanslebourg, 1 à St André (à l’époque la route est sur la rive droite de l’Arc), 1 à La Chambre.
Domestiques : nombreux domestiques dans les bourgs, gens de maison mais aussi des bergères dans les villages de montagne pour la période d’estive des troupeaux. Un foyer sur 4 à St Jean a au moins un domestique.
Clercs et prêtres : ne figurent dans les recensements de la Gabelle que ceux qui desservent des paroisses ou des chapelles ; le clergé régulier est rarement mentionné. Un adulte sur 6 est un clerc à St Jean et 20% d’entre eux sont originaires de St Jean même.
Composition des familles : 4,2 individus par famille car la mortalité en ce temps est très forte. Un chef de famille sur 6 est veuf ou veuve. Seulement pour la veuve on trouve, sauf exception, la mention du conjoint. Autres informations que l’on trouve dans la gabelle de 1758 : Situation de foyers dans les 400 hameaux de la Maurienne, le recensement ayant été fait par hameau. On trouve aussi le nom des montagnes des alpagistes. Aisance du foyer : selon le train de vie du foyer celui-ci est dit commode, médiocre, pauvre ou misérable. Il reste à Jean-Marc à poursuivre son étude pour tirer toute la substantifique moelle de cette gabelle dont la richesse généalogique et historique n’est plus à démontrer. Elle sera bientôt disponible pour tous sur CD |