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Le Costume traditionnel au fil du temps

 

Le costume traditionnel, appelé aussi costume régional, est l'ensemble des vêtements que portaient les populations de chaque "pays" de France, avant l'arrivée des modes citadines et universelles. En Savoie, essentiellement dans les régions de montagne, chaque village ou groupe de villages a élaboré un costume qui possède ses caractéristiques propres.

A travers l'étude des costumes (et du patois également), c'est la découverte de l'identité des villages, cette tradition vivante dont les caractères originaux sont dans la manière de vivre, forgés aux cours des siècles écoulés.

La Savoie est une région de France qui possède une grande variété de costumes traditionnels et qui sont reconnus pour leur beauté, leur originalité, leurs couleurs et leur richesse en bijoux, en soieries, et en broderies. Le costume fait donc parti du patrimoine et il participe à cette connaissance de la mémoire des villages.

L'histoire des costumes régionaux ne commence véritablement qu'à partir du XVIIIe siècle, pour la Maurienne et il est aussi vrai pour la Tarentaise et les autres vallées (Val d'Arly et Beaufortin que nous avons étudiés).

Il existait aussi une mode dans l'élaboration des costumes princiers, des nobles et des bourgeois.

Mais regardons plutôt les vêtements populaires anciens

L'usage des vêtements suivant la mode gauloise et romaine a duré pendant près d'un millénaire. L'allongement des robes pour les femmes s'est fait au XIIe siècle et le vocabulaire spécifique aux vêtements évolue à partir du XIIIe siècle. Dans nos montagnes, la rareté des étoffes, ajoutée à la pauvreté des habitants, oblige les plus démunis à s'habiller encore de peaux de bêtes.

Au XIVe siècle, le progrès concernant les métiers à tisser et les rouets à filer la laine en particulier, apportent une évolution du comportement vestimentaire et un changement de mode pour les gens riches. Les hommes dans les campagnes s'habillent alors très simplement avec des "chausses", sorte de caleçon couvrant aussi le pied et la jambe, une chemise, une blouse grossière, et ils mettent aux pieds des "socques" à semelle de bois. Les femmes s'habillent aussi avec une chemise, une robe longue ou "cotte", des "bas-de-chausses" et elles portent diverses coiffes sur des cheveux tressés.

 

Au XVe siècle, le port des robes longues pour les femmes est de rigueur, tandis qu'apparaît le tablier utilitaire. Les tisserands s'installent de plus en plus nombreux dans les villages où les couturières locales taillent chemises et robes, mais la disparité est toujours grande entre riches et pauvres.

Amédée VIII, Duc de Savoie, en 1430, avait établi des lois somptuaires qui réglaient non seulement les costumes de toutes les classes de citoyens mais encore les dépenses des mariages et des festins, des inhumations et du deuil. Les paysans ne pouvaient s'habiller que d'un drap inférieur à celui des artisans... et les artisans devaient rester plus simples que les bourgeois et les marchants.

 

C'est peut-être parce qu'il y avait des excentricités que les princes qui gouvernaient établissaient des lois appelées somptuaires : par exemple certains portaient des bas-de-chausses moulants de teinte différente, une jambe en blanc, l'autre en rouge, des souliers se terminaient par un dard appelé " poulaine ", de la longueur d'un pied ou plus encore. Les manches démesurées qui traînaient par terre et on se mettait des cornes sur la tête...

Au XVIe siècle, les échanges commerciaux s'intensifient entre les pays d'Europe : des étoffes nouvelles apparaissent et même dans les campagnes on tente d'imiter les modes des villes, surtout pour les couleurs jusque là inconnues. Devant cette innovation et la profusion de luxe pour certains, le Duc de Savoie Emmanuel Philibert " par un édit du 25 octobre 1561, interdit aux gens du peuple de porter de la soie, ni du drap de couleur et ordonne de s'habiller que de simple bure et du drap du pays sans teinture ".

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Le costume féminin au XVIIe siècle

 

Ce siècle a été celui de la couleur essentiellement, car la laine, le chanvre et le lin dans leur teinte naturelle, étaient jusque là, les seules matières connues dans nos montagnes : toile bise et drap écru avec de la laine mélangée parfois pour donner du gris ou du brun. Dès le début du siècle, on commença à teindre les étoffes en noir et en bleu dans une décoction d'écorce d'aulne pour le noir et, pour le bleu-violet dans une décoction de myrtille ou de raisin. De plus en plus la couleur fut un élément déterminant pour embellir les vêtements, à commencer par la robe qui avec ses plis serrés à l'arrière, encore de couleur naturelle, voit son corsage et ses manches prendre une teinte bleue, violette ou noire d'abord, puis résolument rouge par la suite. Pour les habits du dimanche, le bourgeois de la campagne renonce au drap du pays pour utiliser un tissu acheté, de la "serge" ou de "l'estamet" et revêtir à l'occasion la "fraise" ou le chapeau à la mode. Ces changements font sourire les gens qui l'observent et se moquent des excès.

Pour la grande majorité des femmes, les robes anciennes étaient taillées dans du drap tissé au pays par les tisserands locaux. Le chanvre et la laine produits sur place étaient filés l'hiver et donnaient, s'ils étaient mélangés, de la "toile-drap". Avec le fil de chanvre on tissait de la toile pour les chemises, draps, coiffes, tabliers, serviettes et sous-vêtements, avec la laine tissée serrée : les robes (jupes et corsages), bas, couvertures et parfois des tabliers.

 

Les femmes portaient avec l'indispensable chemise sans col, la "gorgière" ou le "collet" en "ritte" (fil de chanvre) orné parfois de dentelles, le tablier appelé "foudar" ou "devantier" restant de toile grossière ou toile commune.

 

La coiffe ou plutôt les coiffes sont en tissu de chanvre parfois en lin ou même en drap dont il est difficile de préciser la forme mais cachant les cheveux par un bavolet pouvant descendre sur les épaules. Portée également la nuit, la coiffe de toile est générale dans toutes les vallées. La Haute-Tarentaise se distingue toutefois en affichant déjà, en 1667, quelques " frontières " en drap (serge ou estamet) de couleur et avec des "garnitures" (rubans), mais aussi des "cornettes" de satin, des coiffes à boutons de soie et des coiffes à cannetille ou en toile blanchie appelées " berettes ". En Haute-Maurienne se sont des "tuailles" ou barbettes... Ces cornettes et autres "coëffes", sont bien des coiffures que nous retrouvons en vogue dans les villes, aux XVIe et XVIIe siècles, tels "l'attifet" ou le "chaperon" qui présentent une ressemblance avec la frontière. On a souvent comparé la frontière avec la coiffure de la Reine Marie Stuard.

 

Dans les contrats de mariage que nous avons étudiés, se retrouvent aussi les "cottes" (robes) et "cottillons" (petites cottes) ou des " gonelles ", autres robes et des jupes en drap du pays et corsage lacé de couleur, en drap marchand souvent sans manches. Ces dernières sont "encorsagées" sur de la toile ou cousues sur une "brassière" en drap. On trouve encore des "cornachons" (sorte de manteaux).

C'est au cours du XVIIe siècle qu'apparaît, chez les nobles et bourgeois, la mode du mouchoir de cou, de la cravate et surtout de la dentelle qui va connaître un immense succès et va transformer les coiffes des costumes. C'est la mode aussi des gants, des bagues, du chapeau tricorne chez les hommes...

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Le costume féminin au XVIIIe siècle

Les contrats de mariage (ou contrats dotaux) ne nous donnent pas le descriptif de nos costumes mais plutôt la matière, le nombre, l'usure, la couleur, le tissu parfois son utilisation... C'est la valeur marchande utile à connaître en cas de restitution de la dot. Il est donc difficile de faire une description précise sachant la diversité et la complexité des vêtements qui évoluaient en fonction des goûts de chacun et des modes proposées. Mais on peut supposer aussi, en lisant ces actes, qu'il y avait une sorte d'uniformité dans les vêtements des femmes de la campagne (alors que les bourgeoises et les nobles avaient une grande variété de toilettes, du moins dans les couleurs et les tissus). Cette uniformité est perceptible au niveau de la coiffe, puisque celle-ci, d'après les gravures de l'époque comporte un bonnet enveloppant les cheveux et d'une bande de toile plissée avec dentelle sur le devant, (la frontière mise à part).

 

Si l'on voulait caractériser ce XVIIIe siècle, on pourrait dire que c'est celui des parures avec la généralisation du mouchoir de cou (châle), des dentelles, des rubans divers (passements, galons, liserés), des broderies et des bijoux dans les COSTUMES DE FETES.

 

Les progrès sont notables dans les teintures et les tissus achetés : les étoffes des habits nuptiaux sont en drap importé et la soie comme le coton font une apparition au début du XVIIIe siècle, tandis que le bleu, le noir et le rouge connaissent une grande vogue. Les rubans qui participent à la décoration tiennent une grande place. C'est alors que vont naître nos costumes traditionnels pour se développer au XIXe siècle en marquant des spécificités propres à chaque village ou canton.

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Les jeunes filles et la mode

Ce sont les jeunes filles qui font les modes, hier plus encore qu'aujourd'hui. L'importance du mariage et de son cérémonial (c'était un véritable théâtre dans certains villages) nous aident aussi à comprendre l'originalité et la diversité de nos costumes locaux.

Suivons l'évolution du costume à travers l'étude des contrats de mariage dans les villages :

Au début du XVIIIe siècle, il n'y a pas de gros changements par rapport à la description précédente ; elle peut varier en fonction de la richesse de certains villages et de certaines familles.

 

Les fiancées déclaraient posséder des robes appelées cottes ou cottillons ou encore des gonelles en gros drap noir ou blanc, en toile-drap (laine et fil) faites au pays; le corsage de la robe est de couleur bleue, rouge ou violette parfois bordé de rubans est rattachée à la jupe et rarement indépendante, mais on enfile des manches indépendantes de différentes couleurs.

Sous la robe on met une gorgière en toile de ritte surmontée d'un collet (col) appelé aussi rabat en toile de Cambrai ou autre toile achetée, avec dentelle pour les jours de fêtes. La chemise est l'élément indispensable que chaque femme doit posséder en abondance (en moyenne une douzaine); autre élément important, le tablier appelé devantier ou foudar essentiellement en toile de chanvre, mais quelques-uns en coton pour les jours de fêtes sont agrémentés parfois d'une ceinture à galon d'argent ou doré ou de couleur. Chaque fiancée possède au moins quatre ou cinq paires de bas (de chausses) en drap ou laine tricotée, une paire de souliers, mais aussi des galoches appelées socques et parfois des pantoufles.

Dans le canton de Bourg-Saint-Maurice, si toutes les femmes portent des frontières, (huit en moyenne), la plupart mettent aussi des "berres" ou autres coiffes en toile de chanvre, certaines ont de la dentelle. Sur leur coiffe, elles placent un chapeau blanc ou noir en laine ou en "courtil" orné d'un ruban.

 

En 1730, c'est l'apparition de nombreux mouchoirs de cou en coton ou indienne et même en soie chez les familles riches.

En 1760, le costume est complet : s'il n'y a pas de changement pour les robes ou cotillons qui sont en drap noir ou toile-drap avec le corsage de couleur et les manches indépendantes, en revanche les gorgières et collets ont totalement disparu au profit des mouchoirs de cou (une douzaine en moyenne par fiancée) dont la moitié sont en soie et les autres en coton, indienne et toile de chanvre pour tous les jours.

Les coiffes en toile sont de mode partout sauf dans les cantons de Bourg-Saint-Maurice et d'Aime où on trouve la moitié en frontières. Les croix en argent se généralisent et elles se portent avec un ruban de velours ou un ruban noir.

La fin du siècle (1790) marque aussi la fin des coiffes en toile à Bourg et à Aime; on ne mentionne plus de cotillons mais des robes, c'est un changement de vocabulaire car on voit apparaître les chemisettes, les corselets et les blanchets. Le niveau de vie s'est très nettement amélioré car beaucoup de robes sont en drap marchand plus ou moins fin : ratine, finette avec le corsage de couleur bordé de rubans. L'abondance (en moyenne) des éléments du trousseau sont à noter : plusieurs robes, nombreuses chemises et mouchoirs de cou (châles) dont le tiers en soie. Parmi les bijoux, les croix en argent se sont généralisés et apparaissent des croix en or et quelques boucles d'oreille.

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ORIGINE DE LA " FRONTIERE "

Il est fort probable que la frontière n'était au départ qu'une coiffe de tous les jours en simple drap et à peine marquée par trois arrondies sur le visage. Cette coiffe fut vite ornée de rubans et prit de la couleur... Du drap teinté, à la soierie, au velours, à la broderie d'or et d'argent il n'y a que le temps de faire une mode acceptée, adoptée et reconnue... Le temps encore de lui donner sa forme définitive. Cela a pris plus d'un siècle !

Pendant le XVIIIe siècle, les coiffes blanches, parfois appelées "berres" ou "béguines", dans les cantons de Bourg-Saint-Maurice et d'Aime, représentent 60 % à Bourg et 40 % à Aime des coiffes mentionnées dans les contrats de mariage de 1700. Mais elles sont moins de 1% en 1790.

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Les costumes suivent les modes du XIXe siècle : diversité et originalité

 

Un curé du Val d'Arly avait noté que les femmes étaient des "Paysannes la semaine... Mais des princesses le dimanche !" Cette remarque reflète assez bien le comportement de ces dames du XIXe siècle qui tentaient de se distinguer avec des vêtements à la mode citadine du moment. Le curé de Flumet en rajoutait : "On suit les modes... Cela fait pitié". C'est encore le curé de Fontcouverte qui comptait les plis des robes des jeunes filles et qui les menaçait de ne pas leur donner les sacrements si elles mettaient des châles rouges. On aurait tort de croire que ce besoin de changement était un simple orgueil de femme ou un attrait de la nouveauté car d'après Jacques Lovie célèbre historien savoyard : "les costumes représentaient quelque chose de vivant, ils exprimaient la conscience que les paysans avaient de leur dignité, du moins quand on regarde leurs habits de fête, variant avec le rythme des saisons et le cycle liturgique."

Et il rajoutait : "Aussi autrefois les femmes pouvaient-elles se tenir fièrement face aux retables éblouissants de leur église et exprimer leur dignité en s'arrachant à la grisaille du quotidien." Cela rejoint la remarque du début.

L'évolution des coiffes est aussi très complexe car le changement est notable dès 1840 et même un peu avant. Tout d'abord la "frontière" dans sa partie "bandeau" qui s'avance sur le front, n'avait pas les échancrures aussi prononcées. En revanche sa décoration est déjà d'un grand luxe avec rubans dorés ou argentés ou garnis de soie ou de velours, avec ou sans cordettes (rubans à l'arrière)

 

Les rubans (le tréchu et le cochenu) qui servaient à former la "couache" étaient souvent de couleur; la frontière elle-même plus large et garnie de rubans de soie, de velours et de passements, se portait plus relevé à l'arrière. Sa bride était tricotée en fils de coton ou de soie agrémentée de perles coloriées. Les "cordettes" semblaient aussi de mode à Bourg-Saint-Maurice puisqu'elles sont mentionnées nombreuses dans les contrats de mariage.

Dans le canton de Moûtiers et jusqu'à Alberville, la coiffe entièrement blanche au début du XIXe siècle, est simplement ornée d'une dentelle plus ou moins importante qui encadre le visage. Cette coiffe du nom de "béguine" ou de "berre", le plus souvent et, suivant une mode bourgeoise, devient noire pour les femmes mariées mais reste blanche pour les jeunes filles. Le jour de son mariage, la fiancée la fait faire en tulle brodée ou en percale ou plus simple, suivant ses moyens, avec une dentelle unie sur le front et tuyautée sur les côtés. La coiffe noire tuyautée, c’est la "berette" pour la Haute-Maurienne et quelques villages de la Moyenne Maurienne.

 

Après 1860, la mode des bonnets ronds d'abord, puis des bonnets montés est adoptée par les femmes de la ville, aussitôt imitée, avec des variantes dans différents villages. Les plus significatifs - car ils nous sont parvenues jusqu'à aujourd'hui - sont le bonnet de Tignes et de Val d'Isère de forme triangulaire à trois pointes. Le bonnet de Bozel est lui orné de dentelles et de fleurs artificielles. Le bonnet rond avec son ruché de tulle et ses larges rubans est porté dans une partie du canton de Bozel, dans le Val d'Arly, dans tout le canton d'Alberville et de Moûtiers. Saint-Martin-de-Belleville garde une coiffe à une seule dentelle à l'avant. Bonnet rond aussi pour la Basse Maurienne et dans certains villages du milieu de la vallée.

D'autres villages ont conservé leurs coiffes de toile blanche : la berre à Beaufort et Hauteluce, la béguine dans l'Arvan-Villards et à Montvernier-Le Chatel. En Haute Maurienne c'est "l'eskeufia" à Bessans et le "bertin" dans les autres villages, tandis que la Haute Tarentaise ne gardait que la frontière devenue la "coiffe de Savoie"

Les bijoux sont certainement les parures qui ont le plus marqué ce siècle. Variété dans les croix avec la croix jeannette la plus courante et la croix plate antérieure qui s'enrichit de fleurs. La croix trèfle de Saint Maurice, la plus ancienne semble-t-il, la croix bâton, la croix à pendeloques dans le Beaufortain, la croix de Mégère dans le Val d'Arly, la croix grille dans l'Arvan, la croix caractéristique des Villards, la croix rayonnante de Valloire, la croix à chaînes, la croix à l'Os en Haute Maurienne mais aussi les cœurs, les broches et les sautoirs en or. Les boucles d'oreille "créoles" - une mode venue du second empire - prisée par toutes les tarines, sont aujourd'hui la marque de cette vallée. Mais les bijoux sont loin d'être tous en or : pour les moins fortunés, le futur époux offrait à sa belle des bijoux en argent car l'important était d'avoir "sa" croix et "son" cœur.

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Le costume au XXe siècle

 

La belle époque qui a marqué le début de ce siècle, a donné toute sa splendeur aux costumes locaux. Cela se traduit dans certains villages par une exubérance de couleurs, par l'abondance de la soie dans les tabliers, les châles, ceintures et rubans et par une grande variété de bijoux et de clinquants. Toutefois dans les villages où les femmes ont opté pour le bonnet rond, le choix est définitif et l'abandon du costume traditionnel plus rapide. C'est le cas en Basse Maurienne.

La guerre de 1914-1918 a profondément modifié les conditions de vie et les vêtements à la mode, à cause principalement des pertes en hommes et qui ont touché beaucoup de familles mais aussi parce qu'elle marque le début d'un changement de mentalité et de comportement des habitants de nos vallées.

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Le costume masculin

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Les vêtements masculins, à cause du manque de documents et d'ouvrages sur le sujet, ne présentent pas le même intérêt que les costumes féminins. Ayant pris le costume de ville plus tôt, les hommes n'ont pas développé une spécificité villageoise.

 

Suivant les siècles, le paysan savoyard est de mieux en mieux vêtu et il essaye même de suivre la mode comme le noble ou le bourgeois; il porte, suivant ses moyens, des habits de fête qui se transmettent de père en fils.

Les vêtements masculins, avant la révolution, étaient taillés dans du drap aux couleurs naturelles, tissé au pays, grossier et raide. La veste écrue est ample à longues et larges basques (pans de la veste), sans col et à manches étroites. Elle n'a pas de boutons et cependant elle est ornée de grandes boutonnières à bord festonné. Les hommes portent aussi, suivant la région, un gilet assez long avec boutons et ornementation. En Tarentaise et en Haute Maurienne, les couleurs dominantes des étoffes sont le bleu et le brun; dans la Moyenne Maurienne c'est la veste (blanche) écrue qui est de mode.

Les culottes (haut de chausses), car il ne s'agit pas encore de pantalons, s'arrêtent aux mollets et sont enfilées dans de longs " bas de chausses " montant au-dessus des genoux et serrés par de longues et larges jarretières.

Quelques hommes de Haute Maurienne portaient ces vêtements lors du dernier rassemblement des costumes à St Jean le 25 juin 2000.

 

En hiver, pour se protéger de la neige, les hommes s'entouraient les jambes de guêtres. C'est bien au cours de la seconde moitié du XIXe siècle que le changement fut le plus évident avec le "justaucorps" comme veste de dessus, le gilet plus ou moins décoré, le pantalon de ville et l'indispensable chapeau de feutre. Le pantalon en vogue dès le début du XIXe siècle a, peu à peu, remplacé la culotte mais il est resté de drap de couleur claire. D'abord pantalon rétréci à la cheville et ayant une trappe boutonnée sur le devant (pantalon à pont), puis plus large et enfin après 1870, la mode du pantalon noir pour les sorties et les dimanches, mit définitivement au placard les vieux habits du début du siècle. Il en fut de même pour la veste particulière en drap qui fut remplacée par des vestes noires ou en velours à grosses côtes.

Il ne faudrait pas oublier la longue chemise portée à même la peau, en chanvre la plupart du temps, elle pouvait être de lin avec un col droit pour les chemises habillées. Le col avec deux larges pointes, étaient tenues relevés par un foulard ou une cordelière à pompons. Autre élément important du XIXe siècle, la blouse ou "sarrau" en toile bleue, tombant au-dessous de la ceinture, complément obligatoire pour faire les foires. Les hommes portaient à peu près partout en semaine des socques, sorte de galoches à semelle de bois cloutée et faites au pays et des souliers pour les sorties.

Au début du XIXe siècle, des hommes se coiffaient avec les cheveux longs nattés (la cadenette) dans le dos et un chapeau tricorne mais bien souvent en semaine, ils portaient un bonnet de laine. Le chapeau évolua tout au long du siècle pour devenir le chapeau de feutre que nous connaissons, puis vint la mode du béret, un emprunt fait aux Chasseurs Alpins.

L'élément peut-être le plus important du costume masculin est sans doute le gilet "la maille" qui se différenciait suivant les villages.

 

En Haute Tarentaise, le gilet habillé était confectionné dans une toile imprimée de couleurs vives et il s'ornait de deux rangées de boutons, pour se croiser très haut sur le devant. Dans le Val d'Arly, la maille est apparue tout à la fin du siècle et début du XXe; il est de couleur écrue, tricotée et garnie de broderies, de bordures de laine marron ou noire ainsi que de nombreux boutons de nacre.

 

En conclusion, il faut dire qu'aujourd'hui il y a une volonté de préserver, de reconstituer même et de populariser cette richesse culturelle et artistique de toute une région car, le costume c'est le langage des yeux et du cœur de plusieurs générations de femmes paysannes qui furent l'âme de nos foyers montagnards.

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