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Les
« Cartelles » Sardes et
les chanoines de Maurienne M.
Pierre GENELETTI En
Savoie, les établissements ecclésiastiques tant séculiers que réguliers
(soumis à une règle) jouissaient de la personnalité civile. Ils étaient
propriétaires de nombreux biens. Leur patrimoine s'accroissait régulièrement
du fait de l'inaliénabilité de ces biens, des apports nouveaux réguliers et
parce qu'ils n'étaient pas soumis à l'impôt. Cette
richesse devait fatalement intéresser les gouvernements sardes toujours à la
recherche d'argent. Mais la sécularisation des biens d' Église ne pouvait se
faire qu'avec l'accord des papes qui n'accordaient leur autorisation que sous réserve
d'une indemnisation qui était faite sous forme de rentes appelées "
cartelles". Lors
de l'Annexion de 1860, le nouveau gouvernement italien essaya de ne plus
payer ces rentes qui étaient affectées à la portion congrue des prêtres
savoyards, sous le prétexte que le clergé devenu français bénéficiait dorénavant
de revenus en vertu du Concordat de 1801. Le
Chapitre Cathédral de Saint-Jean-de-Maurienne était composé de 10 chanoines :
il tirait une partie de ses revenus des cartelles sardes. En 1864, le
gouvernement français décida que le Chapitre de Maurienne devait à l'instar
des autres Chapitres français ne comporter que 8 membres, nommés par le
gouvernement sur proposition de l'évêque. Au
bout de 10 ans de procédure, le Conseil d'État leur donna raison, et le
clergé savoyard fut rémunéré par l'état français jusqu'en 1905 , date à
laquelle la loi de " séparation de l' Église et de l'État" mit fin
aux privilèges des Mauriennais.
Pierre GENELETTI |